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La petite histoire de l'éditrice...
des Éditions de la Soupe au lait

Nées d’une nécessité singulière : laisser parler la vie plutôt que la maladie, les Éditions de la Soupe au lait ont permis à quatorze personnes atteintes de la sclérose en plaques d’unir leur voix dans le bonheur des mots et non des maux en publiant VIVRE MA SCLÉROSE… AUTREMENT en 2015.

Livre numérique : Vivre ma sclérose autrement

Le conjoint de l’éditrice étant lui-même atteint de la sclérose en plaques depuis plus de 35 ans, il lui semblait tout naturel, vu sa passion pour l’écriture, de faciliter l’accouchement de ce recueil aux propos apaisants.

Avec la même intention de faire connaître la sclérose en plaques à travers la vie des personnes touchées par la maladie, les Éditions de la Soupe au lait ont publié LE PETIT JOURNAL D’UN SCLÉROSÉ de Richard Saulnier en juin 2023.

Photo de la page couverture du livre : Le petit journal d'un sclérosé

Avec son humour franc et ses propos d’une actualité toujours juste, cet ancien journaliste exprime avec humour sa réalité quotidienne de personne atteinte de la sclérose en plaques (voyages, adaptation de logement, mobilité… tout y passe, sans oublier son projet de logements adaptés, Logis des aulniers).

Les droits d’auteurs et l’entièreté des ventes des deux livres sont remis à la Société canadienne de la sclérose en plaques – Section Montérégie et tous les frais d’édition et de production ont été assumés par les Éditions de la Soupe au lait. C’est une fierté de contribuer à la pérennité de la mission de cet OBNL (organisme à but non lucratif) qui est un phare dans la vie des personnes atteintes de la sclérose en plaques et de leurs proches.

Même si la publication de récits, de témoignages et de chroniques sociales qui réconfortent l’âme comme une bonne soupe frémissante est l’une de ses priorités, les Éditions de la Soupe au lait s’activent dans un perpétuel bouillon d'émotions à l’affût de nouvelles voix incandescentes permettant d’élargir ses horizons littéraires.

Le petite histoire de l'écrivaine derrière...
les Éditions de la Soupe au lait

Me voici, Paulette Ménard (Favreau), à jamais figée dans cet instantané de nostalgie

qui me fait beaucoup sourire aujourd’hui.

Paulette, la Soupe au lait

C’est ce regard de Soupe au lait que j’offris à mon père lorsqu’il tenta pour la énième fois de m’extirper « un sourire à la Mona Lisa » lors d’une de nos pauses/poses dominicales. Sa passion pour le noir et blanc l’empêchait de voir les fourmis qui me grignotaient les jambes alors que je n’aspirais qu’à aller jouer à la poupée ou mieux, à faire un mauvais coup.

En proie à un déferlement de jeunesse révoltée à peine contenu, j’ai offert ma plus belle grimace à l’objectif de mon père et, devant ses récriminations, je me suis transformée en statue de sel (comme la femme de Loth qui avait désobéi à Dieu. Vous comprendrez que la religion était encore présente chez nous.)

Tout est « confusément allé très vite » au cours de ma révolte. Mon père a lâché quelques mots bénis. Irritée, j’ai tapé du pied jusqu’à ce qu’une voix « d’outre-escalier » se mette à claironner : « Paulette, arrête de faire ta Soupe au lait SINON ! ». Bien que la punition fût inaudible, j’ai, comme à mon habitude, quitté la scène avec fracas pour courir me réfugier dans mon donjon personnel (de nos jours, j’associe cette forme d’autopunition au phénomène de l’enfant Teflon).

Cahier d'écriture

Et là, dans ma petite chambre couleur « verte prison », je déversai à grands coups de crayon mes désespoirs d’enfant et mes délires incongrus dans des cahiers Canada et autres carnets d’époque.

D’abord une panacée à mes tempêtes de cerveau, ce cérémonial d’écriture s’est tout naturellement imposé à moi comme boire de l’eau est nécessaire à la vie. 

J’avais trouvé un espace créatif réconfortant, cet espace Schengen où je pouvais être la petite fille hypersensible, perfectionniste, timide et parfois joueuse de tours que j’étais, sans peur du contrôle ou du jugement d’autrui.

Évidemment, j’ai oublié qui de mon père, de ma mère ou de ma grand-mère osait me traiter de Soupe au lait le plus souvent. Il faut dire que ma marmite intérieure débordait souvent et ça ne prenait pas beaucoup de lait pour faire exploser ma soupe.

Aujourd’hui, je considère qu’être une Soupe au lait me permet de mieux patauger dans ce perpétuel bouillon d’émotions qu’est ma vie. Je ne peux contrôler les débordements qu’elle génère mais je peux apprécier les potages créatifs qui en découlent… une bombance d’idées très utiles en édition et encore plus en écriture.

Les tribulations de la Soupe au lait

Encore des mots, toujours des mots…

Au cours des années, j’ai voulu les partager ces mots qui se déclinaient en prose, contes, récits, nouvelles, chansons, etc. et les faire exister ailleurs que sur une page. Avec ces élans de bonheur qui maîtrisaient ma timidité, j’ai participé à des concours littéraires et côtoyer d’autres amoureux des mots.

Article de journal

Frileur en moi

Premier prix de poésie du Concours littéraire 1992 du Cercle littéraire des Basses-Laurentides

J’ai eu le bonheur d’entendre lire mes mots par l’immense Claude Léveillée.

 

La Marie-Ondée

Troisième prix de conte du Concours littéraire 1994 du Cercle littéraire des Basses-Laurentides

Émile Néligan
Programmation Émile Néligan

Frileur en moi

La brunante pensive

Ma première lecture « vraiment publique » de poésie. Je me souviens avoir murmuré plutôt que déclamé mes poèmes. J’en conserve le plaisir d’une belle rencontre avec d’autres poètes plus aguerris et très talentueux.

Programmation 1993

Mon père manquant

Poème mis en musique et en chanson par les musiciens et une interprète du Studio Claude Debussy lors du Festival de Saint-Hubert.

Bien que ces prix datent un peu, je n’ai jamais cessé d’écrire ni de participer à des concours ne serait-ce que pour garder ma plume vive et mon cerveau dégourdi. Depuis trente ans, j’envoie un récit à saveur « nostalgie joyeuse » durant la période des Fêtes à ma famille, à mes amis et autres lecteurs intéressés juste pour le plaisir de partager mes mots et les divertir avec mes petites folies.

Une vie d’aidante naturelle

La sclérose en plaques est entrée dans notre famille mais surtout dans la vie de mon conjoint en 1982 alors que j’étais enceinte de sept mois. Depuis, cette invitée non sollicitée venait, partait puis revenait tout en laissant des traces. Avec les années, certaines incapacités physiques ont fini par s’installer à demeure chez mon conjoint. D’abord de rémittente (poussées-rémission), la maladie a évolué vers la forme progressive secondaire.

L’écriture n’a cessé de m’accompagner alors que mon rôle d’aidante naturelle prenait de plus en plus de place. D’un même souffle, les Éditions de la Soupe au lait naissaient en 2015 avec une mission sociale.

Depuis que mon conjoint fait partie du conseil d’administration de la SP Canada – Section Montérégie, j’ai participé à certains événements de levée de fonds comme bénévole. En 2015, j’ai décidé d’apporter ma contribution en éditant à mes frais le recueil Vivre ma sclérose… autrement. Quatorze personnes atteintes de la sclérose en plaques et certains membres de leur famille se sont fait entendre afin de laisser parler la vie et non seulement la maladie. Toutes les ventes du recueil ont été remises à SP Canada – Section Montérégie afin de contribuer à leur mission.

En 2023, j’ai récidivé en éditant le Petit journal d’un sclérosé de Richard Saulnier, qui comme moi, a décidé de donner toutes les ventes de son livre à SP Canada – Section Montérégie afin d’assurer la pérennité de leur mission. J’adore mon rôle d’éditrice et faire entendre la touchante et « pas du tout plate » histoire de Richard a été une grande satisfaction personnelle qui me fait du bien et donne un sens à ma vie et à la maladie de mon conjoint.

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